La première chose qu'on peut dire en sortant d'un tel film est "Quel Chef d'Oeuvre !". Le cinéphile averti n'aura certainement pas manqué d'y voir, non pas des allusions à 2001, Abyss, Top Gun ou Twister, mais plutôt le même soucis de réalisme et de qualité que l'on avait déjà pu trouver dans "Independance Day".
Ce film regorge tellement de richesses qu'il m'est très difficile de savoir par quel bout commencer. Un peu comme le Ali Baba de base dans la caverne du même nom.
Autant commencer par le début.
Déjà ça commence carrément mal : on nous balance quatre ou cinq annonceurs, et oh, ils ont dû oublier de revisionner le film après le montage (peut-être même pendant le tournage en fait), parce qu'ils commencent la bande son pendant un annonceur à la noix (genre Red Rock(tm), Magic Castle(tm) ou je ne sais), et pfiou vla qu'on croit que le film est commencé et pas du tout : Touchstone Picture nous arrive dans la face et ces rigolos doivent redémarrer la bande son. Bien bien.
Oh la jolie famille américaine moyenne, mais pas trop parce que c'est tous des astronautes qui vont sur Mars, quand même fait pas déconner. Et dans cette joyeuse atmosphère (du genre, ne soit pas triste Kevin - 5 ans - papa va sur Mars sur une mission carrément dangereuse, pendant deux ans, mais c'est tout comme s'il restait avec toi. Mais le Kevin comprend et fait un gros gros sourire à son papa, qui d'ailleurs sera le seul à revenir à peu de choses près), dans cette joyeuse atmosphère donc, un drame effleure : Jack (je sais plus son nom), et ben ça devait être lui qui devait aller sur Mars avec son épouse très jolie et américaine et tout, mais bou-ou il ne peut pas. C'est trop triste. Ben parce que sa femme elle a été malade et tout et lui il va pas partir et c'est trop triste. Et sa femme elle est morte en plus et bou-ou-ou.
Évidemment on devine déjà que c'est lui qui va s'en tirer le mieux.
Alors là, c'est la scène la plus fabuleuse, vraiment spectaculaire : le décollage vers mars, avec le compte à rebours, la tension des techniciens, des nombreux responsables et .... NIET.
Ben non, là c'est plutôt du genre "12 mois plus tard, sur Mars." Ah oui, merci les gars, genre ça nous intéressait pas le décollage. Enfin, ça évite d'avoir trop de figurants.
Attention : les prouesses techniques commencent. Il y en a tellement dans ce film qu'on ne sait pas par où commencer.
On voit un chti robot, exactement comme ceux que le grand public a pu voir à la télé histoire que tout le monde reconnaisse une espèce de plagiat informe de pathfinder. Ai-je omis de préciser que le module martien est sponsorisé par une constructeur japonais. Heureusement il y a des tas d'autocollants 'Nasa' partout (comme nous le verrons, c'est un gage de qualité). À ce point là, on peut en déduire que les Américains iront seuls sur Mars, sans aide internationale. Tant mieux j'avais prévu autre chose, j'aurais pas eu le temps. Finalement ça arrange tout le monde.
Pour être complet signalons toutefois la présence de nombreux étrangers dans la American International Space Station(tm), mais ce ne sont que des figurants. Et de toute façon les autres ils savent pas faire des autocollants bleus et rouges 'Nasa', alors.
Bon, le chti robot, il a une caméra qui bouge partout, et cette caméra (résolution 12540 sur 8490, un écran de cinéma, quoi), elle ajoute sur l'image des tas de barres, de signaux débiles et de trucs comme ça pour que ce soit plus zoli. Apparemment il est absolument nécessaire d'indiquer en temps réel une analyse spectrale de tous les rayonnement reçus, avec des barres rouges et vertes, dans le coin supérieur droit de l'image. Je ne me souviens plus des gadgets qu'il y avait dans le coin inférieur gauche...sûrement un 'xeyes'. Il devait bien y avoir un winamp dans un coin aussi, un netscape, et une petite boîte à lettre "You've got mail(tm)"...
Bon, qu'est-ce qu'il y a d'autre de bien rigolo aussi ? Ben moi j'ai trouvé que l'atmosphère était bien claire, pour un environnement avec autant de CO2 et de trucs comme ca, j'aurais apprécié un peu de brouillard. D'autant plus que les équipements de la Nasa sont pas fouttus de transmettre à 20 mètres quand il y a de la tempête. Il faut croire que le vent ça empêche la bonne transmission des ondes. Ils auraient dû acheter un Itineris, ça marche même quand il y a du vent. C'est pas comme les transmetteurs de la Nasa.
Le concept d'entité méchante a l'air de plaire beaucoup aux réalisateurs de science-fiction (disons réalisateurs tout court). On se souvient non sans une certaine émotion de "Event Horizon", dans lequel, le gros vaisseau qui était passé dans un trou noir était subitement devenu TRÈS TRÈS méchant. Et bien ici, c'est la montagne qui est mééééchaaaaannnnnteeeee !!! Pour être exact, ce n'est pas une montagne ordinaire, c'est le fameux «visage» de Mars (hââârrr hââârrr). Mais le visage il est caché sous un gros tas de cailloux. Et puis quand on lui envoie des ondes qui lui plaisent pas (pas la bonne émission, quoi), il se fâche et il bouffe tout le monde, sauf un, «pour qu'il puisse résoudre l'énigme» (sic). C'est fort !!!
En résumé vlà nos trois ou quatres astronautes qui sont sur Mars, et ils ont écouté la radio trop fort, et ils ont été mangés. Sauf un.
Retour sur la station américaine spatiale internationale américaine. Là le chef, c'est un vieux qui a un accent étranger prononcé, genre il peut pas apprendre à choper l'accent. Et quand je dis que c'est le chef, c'est VRAIMENT le chef : il décide tout tout seul, sans rien demander aux gens responsables de ces milliards de dollars. Il dit "Tiens, ben on va faire ça", et ils le font, même si ça met en jeu un tas de gens et de matériel.
Et là c'est le bouquet. On nous refait le coup d'Alien/Event Horizon/et plein d'autres : le rescapé qui arrive à envoyer un ULTIME message, «avant qu'il ne soit trop tard» (en fait le gars il est toujours là un an après, mais il a dû oublier d'essayer de réparer son téléphone portable...dans Nasa, il y a Nase.). Le message qu'il envoie ressemble à «...pas venir....montagne....mangé...danger....morts...et bla et bla». Plusieurs remarques : d'abord en 2020 il semble qu'on aura oublié ce qu'est un code correcteur puisqu'on est plus foutus d'envoyer des messages depuis Mars correctement. Ensuite le bruit (le bruit c'est le terme technique qui, traduit en langage populaire que tout le monde comprend, donne "interférences". Mais les interférences, c'est autre chose que du bruit. Bref, du bruit, c'est de la neige à l'écran... enfin normalement)...le bruit, donc, a une manifestation trop zarbi : tous les pixels sont là (oui oui oui, c'est une image), mais des fois il y a des trames codées façon Canal+, avec tous les pixels de la bonne couleur, mais un peu décalés. C'est bizarre les interférences martiennes quand même. Du coup on se dit que Canal, ils doivent avoir leur émetteur sur Mars.
Enfin bref, le vieux chef dans son tipi décide, comme ca sur un coup de tête, d'envoyer des chtis gars à la rescousse. Évidemment c'est les ptits gars qu'on a vu au début pendant le barbecue.
Ah et oui, on envoie aussi celui qui a perdu sa femme, et qui deviendra clairement un vrai héros américain. Mais on le sait pas encore qu'il est le plus fort du monde.
Bon, là encore on nous prive du lancement et on les voit en vue de Mars. À ce moment des ptits graviers viennent faire des trous dans la coque et dans la main du pilote. (gravier ce prononce «miti-o-raïyte»). Et il faut réparer et tout. C'est vraiment pas de bol, des météorites dans l'espace c'est carrément rare, ils pouvaient pas prévoir. Veunèze dans la nasa !
Pour entrer en orbite de Mars(tm) il faut lancer le moteur...geste magnanime, le chef de la mission (c'est pas le vieux, c'est un autre), laisse le soin à l'astronaute-super-fort-qui-a-perdu-sa-femme -et-qui-est-plus-fort-que-tout-le-monde -sauf-que-maintenant-il-est-plus-le-chef -et-qu'il-est-vert-mais-il-est-le-héros de lancer le moteur d'entrée en orbite martienne. C'est clairement un grand moment d'émotion.
Manque de bol un gravier a fait un trou et le moteur explose. C'est con. Du coup ils doivent abandonner la carcasse moisie et rejoindre un autre engin informe, en orbite, qui s'ennuie.
Bon là suit une scène mélodramatique. Le faux chef se plante et se retrouve comme un abruti en orbite de Mars, sans que personne puisse venir le chercher. Du coup il décide d'ouvrir son casque pour que sa femme arrête d'essayer de le secourir en prenant des risques. Alors il ouvre son casque (c'est émouvant comme tout), et il se retrouve congelé (moi je pense qu'il aurait dû exploser avant d'être congelé, mais bon). Bref il est mort, et en orbite. Et sa femme est pas contente.
c'est long, hein ?
Ils arrivent à la base, retrouvent l'autre qui était tout de même vivant, à moitié fou mais pas trop, et tout ça.
Le plus beau du film, c'est «L'ÉNIGMEUUUU».
Alors le visage il émet un son.
Un son périodique sur deux secondes.
Et le fou il a compris qu'il y a trois signaux...trois coordonnées
X Y Z. Trop fort. Et quand on dessine, on obtient un tout petit
morceau d'ADN (en couleur, d'ailleurs) qu'on nous présente comme étant
«des chromosomes humains et il en manque un bout». Oui, d'ailleur en
voyant l'image je me suis tout de suite dit, tiens il manque
clairement un paire de base adénosine-guanine, c'est frappant, sinon
ca donne rien de bon.
Et c'est aussi ce que se disent nos fiers astronautes. Alors ils réemmettent le code complet pour avoir un génôme humain (sic). C'est vraiment fort.
NDLR: en fait, c'est en regardant le bout d'un brin d'ADN qu'un astronaute en déduit qu'«il manque un chromosome.» Bien sûr, ils se dépêchent d'ajouter une paire de bases pour résoudre le problème.
Un petit calcul : un génôme humain, ca fait quoi ? Plusieurs millions de paires de bases non ? Et ils arrivent à fourrer ça dans deux secondes d'un signal sonore, donc échantillonné à 64 kbits pas seconde. C'est pas mal. (À moins que l'homme du 21ème siècle ait éprouvé le besoin d'écouter de la musique avec un débit de plusieurs Mo par seconde...pourquoi pas on est plus à ça près. Il y déjà une analyse spectrale sur la webcam du pathfinder, alors).
Bref, la porte s'ouvre, lumière et tout, et ils ont gagné.
NDLR: ils recodent le génôme "complet" en son et l'envoient par radar vers le visage.
Et on voit un alien qui vient leur expliquer une histoire sordide de gros météorite (décidément !) qui vient tout casser sur Mars. Bou-ou-ou. C'est vraiment trop triste.
L'alien il est trop trop sympa. Il a l'air super cool. Il est pas trop grand, il a une tête de rock-star et il verse même une petite larme à la fin. Oh là là c'est vachement émouvant dites donc. J'ai eu du mal (à plusieurs moments d'ailleurs) à ne pas exploser de rire. Surtout quand les astronautes ont déterré le drapeau américain du sol martien, accompagnés par une musique triomphale, style hymne américain évidemment.
Alan il a pas aimé la musique. Moi j'étais tellement captivé par la magie du scénario, que j'ai rarement fait attention à la musique.
À la fin, tout va bien, et le super héros (celui qui est tout triste mais qui est le héros...) part pour une galaxie lointaine...
Bon, j'ai dû oublier un tas de trucs. Ce film est vraiment d'une richesse exceptionnelle. Insoupçonnable. Fabuleux.
Globalement c'est moins réussi que Independance day, mais on retrouve quand même la même qualité.
Voilà.
En conclusion ce film est tout de même très très très très MAUVAIS. Mais vraiment, quoi. Il semble que ce soit devenu un art de faire des oeuvres aussi ridicules, et le réalisateur (tiens, j'ai oublié son nom), y excelle.
Mais zeureusement, il existe aussi de très bons films, comme 'Meilleur Espoir Féminin' de Gérard Jugnot. Ce qui me bouleverse c'est de penser que ces deux films ont pu être projettés sur les mêmes écrans.