Pourquoi je suis contre le blocage de services publics
Il y a une grève-surprise des bus aujourd'hui à Bologne. J'ai de la chance, j'ai trouvé un moyen de venir travailler. Mais j'ai eu le cœur retourné de voir quelqu'un complètement paniqué qui attendait le bus depuis plus d'une heure et qui n'avait pas de solution pour aller bosser. Et pas assez d'argent pour se payer un taxi.
Je suis contre toute forme de blocage de services publics, quelle que soit la raison, parce que je tiens aux services publics. Dès que l'on force quelqu'un à chercher une alternative, dès que l'on se place dans un mode compétitif, l'approche service public perd de son sens et cela devient une entreprise comme une autre. Pour moi, l'essence du service public est l'égalité d'accès : ne pas payer plus cher les routes, l'électricité ou le gaz parce que l'on habite à la campagne. L'avantage est aussi politique : il permet de planifier, de prendre en compte des externalités, et de ne pas chercher à optimiser le profit immédiat à tout bout de champ. La situation de la production énergétique est un bon exemple, si on compare les pays où tout est privé aux pays où (presque) tout est public (enfin, pour un temps).
Lorsque l'on bloque un service public, que ce soit en tant qu'acteur ou spectateur, on prend clairement position contre ce service. Et c'est quelque chose que je ne peux pas accepter.